Violon

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Le violon est un instrument énigmatique, surprenant et naturellement enchanteur. Il éveille une passion intense et très profonde qui peut devenir débordante.

Nous vous présentons un article exclusivement consacré au violon qui permettra aux lecteurs aguerris ou néophytes de trouver des éléments de réponse sur le sujet, en partant d’une simple définition,  pour arriver à la construction d’un violon, aux techniques de jeu, puis aux compositeurs et œuvres pour violon, aux violons anciens célèbres ou aux violonistes virtuoses.

Définition Du Violon

Le mot violon provient du diminutif de l’italien viola.

Le violon est un instrument à cordes frottées joué avec un archet, préalablement enduit de colophane. Il compte quatre cordes accordées par intervalles de quintes parfaites, une touche sans frettes et un corps moins profond que celui de l’alto. Le violon est un instrument dynamique avec une grande flexibilité dans son registre. Il est soutenu avec l’épaule gauche, en laissant libre la main gauche qui accède aux cordes et à la touche (voir les parties du violon) pour jouer les notes, alors que la main droite soutien l’archet.

Il est construit avec différents types de bois  comme l’érable, l’épicéa, l’ébène, le bois de rose, le buis ou le palissandre qui sont assemblés ou collés. Le violon est l’instrument le plus petit et de tessiture la plus aiguë de sa famille qui comprend aussi l’alto, le violoncelle et la contrebasse.

Origines Du Violon

Bien qu’il existe une statue dans un temple indien du XIIe siècle où l’on peut voir un instrument de forme similaire au violon avec une volute et des éclisses en forme de C, on estime que le violon apparaît autour de 1520, près de Milan en Italie. Actuellement, il n’est pas possible de déterminer avec certitude si le violon provient d’Europe ou d’une culture orientale, puisque les différentes théories sur le sujet restent fondées sur des hypothèses.

Si nous observons la forme actuelle du violon dont les table et fond sont voûtés, on peut supposer que ses prédécesseurs étaient des instruments plats comme la guitare ou de formes composées, c’est-à dire, avec une table plate et un fond courbe comme celui de la mandoline. Les ancêtres lointains du violon pourraient être le nefer égyptien, le ravanastron indien et/ou la lyre grecque.

Dans la seconde moitié du XVIe siècle, le violon apparaît déjà avec les caractéristiques que nous lui connaissons aujourd’hui. Il existe un doute sur la ville d’origine du violon, entre Brescia et Crémone, en Italie. On pense que le premier luthier à avoir fabriqué un violon est Giovan Giacobo Dalla Corna ou Peregrino Zanetto de Montichiaro. Contrairement à ce qu’indique la littérature du XIXe siècle, rien ne permet d’affirmer qu’Andrea Amati ou Gasparo Da Salo furent les premiers à fabriquer un violon.

A partir du XVIe siècle, les violons sont nombreux en Italie comme en Allemagne. Le prestige des écoles de Crémone et de Mittenwald est formé. Crémone, avec des noms illustres comme Giovanni Paolo Maggini et Andrea Amati, qui initient les dynasties de luthiers fabriquant des violons et autres instruments à corde, ou encore les frères Ruggieri et Guarneri et le luthier le plus connu de tous, Antonio Stradivari, grâce auquel le violon atteint la perfection. L’Ecole de Mittenwald, atteint son apogée grâce à Jacob Stainer et les frères Klotz, Matthias et Sebastian, apprentis d’Amati.

L’une des premières références au violon se trouve dans un registre de la Trésorerie Générale de Savoie, où l’on fait allusion au violon. Ce document qui date de décembre 1523 indique: « pour le paiement des prestations trompettes et vyollons de Verceil ». Il existe par ailleurs un violon fabriqué en 1522 par Peregrino Zanetto de Montichiaro, près de Brescia en Italie.

En 1556 à Lyon, Philibert Jambe de Fer réalise l’une des premières descriptions du violon et de son accord par quintes. Cette description figure dans son l’Épitomé musical des tons, sons et accords ès voix humaines, fleustes d’alleman, fleustes à neuf trous, violes et violons…

Le violon est fort contraire à la viole… Nous appelons viole c’elles desquelles les gentils hommes, marchantz et autres gents de vertuz passent leur temps… L’autre s’appelle violon et c’est celuy duquel ont use en danceries.

Philibert Jambe de Fer.

Même si le violon est considéré au départ comme un instrument populaire, il obtient rapidement une acceptation dans toutes les classes sociales d’Europe. Il se convertit en véhicule de culture populaire et séduit en même temps la noblesse, inspire de grands compositeurs.

Composition et Accessoires d’un Violon

Le violon se compose de trois parties principales et de plusieurs accessoires (voir les parties du violon). En premier lieu, il y a la tête où l’on trouve la volute et le cheviller. La deuxième partie est le manche, et enfin, la troisième, le corps du violon, où l’on trouve les voûtes et les ouïes.

La Tête Du Violon

 

La fonction principale de la tête du violon est de soutenir les chevilles, qui permettent de fixer et de modifier la tension des cordes, avec la spirale caractéristique du violon, la volute. Il est important de mentionner que la volute à une fonction purement esthétique et que l’on peut parfois trouver d’autres formes. Certains luthiers présentent la volute sous des formes telles que des têtes de lion, de dragon ou de personnages illustres.

Le Manche Du Violon

 

Le manche du violon est une pièce de grande importance pour le jeu. C’est sur le manche que le violoniste fait ses déplacements de la main gauche pour atteindre les différentes notes. Sa fabrication et son montage doivent être réalisés avec grand soin. Par ailleurs, il s’agit de la pièce qui fait union entre le corps du violon et la tête et qui accueille la touche sur laquelle sont jouées les notes par pulsion des doigts.

Le Corps Du Violon

 

Dans le violon classique, le violon baroque et le violon électroacoustique, la fonction essentielle du corps du violon est de fournir une caisse de résonance qui amplifie les vibrations émises par les cordes. Dans le violon électrique par contre, le corps du violon est une structure visant à soutenir des accessoires, comme le cordier ou le chevalet et l’amplification est assurée par des pièces électriques.

La partie supérieure de la caisse de résonance du violon est appelée table d’harmonie ou table (voir les parties du violon). Elle est de forme bombée et on y trouve les ouïes. Sur la partie inférieure, on trouve le fond ou dos du violon. De même que la table, le fond du violon est bombé mais la voûte est légèrement moins prononcée. Sur les côtés, on trouve les éclisses, qui servent d’union entre la table et le fond du violon. Elles forment l’épaisseur de la caisse de résonance. A l’intérieur du violon, il y a deux éléments de très grande importance pour la qualité du son: la barre d’harmonie, invisible une fois le violon monté et l’âme du violon, visible par l’une des ouïes.

Les Accessoires Du Violon

 

Les accessoires du violon sont tous les éléments qui peuvent être changés ou modifiés pour faciliter le jeu et qui ne sont pas solidaires du violon. Ils peuvent aussi avoir une incidence sur son aspect. En partant de la tête du violon, voici les différents accessoires que l’on peut trouver: les chevilles, les cordes, le chevalet, le cordier, les tendeurs, la mentonnière et le bouton. En principe, les chevilles, le cordier, la mentonnière et le bouton sont assortis dans leur style et matériau de fabrication pour des questions d’aspect. Il existe une grande variété de matériaux, de modèles et de qualités.

Les luthiers utilisent le plus souvent des bois durs pour prolonger leur durée de vie, avec de l’ébène, du palissandre… Le chevalet est une pièce essentielle du violon. Il est responsable de la transmission des vibrations des cordes vers l’intérieur de la caisse de résonance. Il est fait d’érable et l’on peut aussi en trouver une grande variété. Le chevalet, doit être ajusté par un luthier qualifié si l’on veut obtenir une sonorité optimale. Cette opération est faite à la main, sur chaque violon et puisque les pattes du chevalet doivent épouser la forme

de la table à la perfection, deux chevalets provenant de violons différents ne sont pas interchangeables. Même s’il est vrai qu’il existe des différences de qualité de chevalet, notamment dans la qualité des fibres du bois, son réglage est encore plus important: si le réglage du chevalet n’est pas correct, même en ayant la meilleure qualité de chevalet, la sonorité du violon ne sera pas optimale. Les quatre cordes du violon, une fois mises en vibration par l’archet ou par les doigts produisent le son.

Les cordes du violon, de la plus grave à la plus aiguë, sont accordées par quintes de la manière suivante: Sol, Ré, La et Mi. Elles ont des calibres différents et peuvent être, de matières différentes selon l’effet recherché. Il existe un grand nombre de marques de cordes, de qualités et de modèles sur le marché. Les cordes peuvent servir à intensifier une caractéristique du son du violon comme un aspect chaleureux, limpide ou brillant, à ce rapprocher d’un genre musical, comme c’est le cas des cordes de boyau qui transmettent une dimension baroque.

Etymologie Du Terme Lutherie

Le terme de lutherie, fait référence à l’art de construire des instruments à cordes frottées comme le violon. Il provient de de l’arabe « al-`ūd », qui dans un sens général signifie “Le bois”. Le terme de luthier a été adopté dans d’autres langues. Parfois en anglais, comme substitut occasionnel du terme « violin maker » ou adapté dans le cas de l’espagnol puisque La Real Academia reconnaît également le gallicisme « lutier ».

On trouve aussi très communément en espagnol le terme de « laudero », provenant du terme « laúd », adaptation du français « luth ».

Etapes De Fabrication D’un Violon

Selection du Bois

 

Les différents types de bois qui sont utilisés pour la fabrication d’un violon sont l’épicéa et l’érable. L’épicéa est utilisé pour la fabrication des tasseaux qui sont des blocs internes visant à renforcer la structure du violon, mais aussi pour la table d’harmonie. Il s’agit d’un bois très léger, résistant dans le sens longitudinal et latéralement flexible. L’érable est à son tour travaillé pour former les éclisses, le dos du violon, le manche et la volute (voir les parties du violon). De même que l’épicéa, l’érable est un bois léger, résistant et flexible à la fois, mais il s’agit surtout d’un bois noble et assez facile à travailler. L’une des principales caractéristiques de ce bois, résulte de sa croissance ondulatoire qui dessine des ondes. Cette qualité de l’érable est très prisée par les violonistes pour le choix de leur violon. Les ondes donnent au violon terminé un effet visuel très intéressant, contrastant, un caractère unique qui reflète la vie de l’arbre dont il provient. A la lumière, les ondes semblent parfois bouger.

Les luthiers recherchent pour la fabrication d’un violon à travailler sur des bois ayant séché pendant de nombreuses années puisque cela confère de meilleures propriétés acoustiques au violon. De nombreuses théories ont été échafaudées sur le sujet. Certaines supposent que le bois utilisé par les grands maîtres luthiers Antonio Stradivari, Giuseppe Guarneri et Nicola Amati, pour créer les violons, provenait des cathédrales et/ou de châteaux, ce qui de par leurs longues années de séchage, leur aurait conféré les qualités acoustiques exceptionnelles qui leur sont aujourd’hui attribuées.

Il est important de mentionner que, même si le séchage du bois est important, sa densité l’est aussi. Lloyd Burckle et Henri Grissino-Mayer ont développé une théorie selon laquelle le bois utilisé par les grands maîtres italiens provenait de l’époque appelé le minimum de Maunder ou le petit âge glaciaire. c’est un phénomène connu qui a eu lieu entre 1645 et 1715. A cette époque, aussi bien en Europe qu’en Amérique du Nord, les hivers furent particulièrement rudes et froids, dû à une période d’activité réduite du soleil. Selon leur théorie, le froid sévissant à cette période aurait modifié la densité du bois puisque les anneaux de croissance du bois se seraient développés plus lentement.

Joseph Nagyvary et son équipe, analysent le bois de cinq instruments de l’époque, dont un Stradivari et un Guarneri. Parmi ces instruments de qualité acoustique surprenante, ils découvrent que les bois ont subi, lors de leur fabrication un traitement chimique. Selon Nagyvery, des molécules de cellulose sont rompues en conséquence de l’oxydation d’un pesticide. Pour le chercheur, le bois a été porté à ébullition dans une eau chimiquement traitée, dans le but de protéger les violons contre les termites, vers et moisissures. La modification de la structure du bois a eu pour résultat des répercussions inespérées. Il est important de signaler que l’agent oxydant n’a pas été identifié lors de cette étude.

Les violons anciens des grands maîtres de la lutherie suscitent un très grand intérêt et des recherches constantes sont menées pour pouvoir reproduire leurs techniques. La plupart des recherches sont orientées vers le bois, mais aussi sur le vernis.

Moules, Eclisses et Joints

 

Il Existe deux procédés traditionnels pour fabriquer la structure et les éclisses d’un violon. D’un côté, la méthode italienne, avec un moule intérieur et de l’autre la méthode française avec un moule extérieur.

Dans les deux méthodes on colle temporairement les tasseaux. En travaillant avec un moule intérieur, le moule dessine de l’intérieur le dessin des éclisses, qui seront définitivement collées aux tasseaux par la suite. Avec un moule extérieur le dessin des éclisses est profilé par l’extérieur. Lorsque les tasseaux sont prêts, les fines planches d’érable sont formées à chaud pour devenir les éclisses du futur violon. Cette technique est utilisée dans les deux méthodes pour éviter que les fines lames ne se brisent en épousant le moule.

Les éclisses d’un violon sont formées avec 6 lames d’érable qui donnent sa structure à l’instrument, elles unissent la table et le fond du violon. Pendant longtemps, on a pensé que les éclisses répartissaient et transmettaient les vibrations sur la table et le fond du violon, avec les expériences actuelles plus poussées, cette théorie a été rejetée. S’il est vrai que les éclisses ont une grande importance dans la transmission des vibrations entre la table et le fond du violon, il est plus raisonnable de penser que c’est la caisse de résonance dans sa totalité qui détermine la qualité de la sonorité du violon.

La forme des éclisses du violon s’obtient grâce à la chaleur et à l’humidité. On forme à chaud avec précaution la courbe qui nous permettra d’épouser la silhouette du violon.

Les éclisses du violon sont collées aux tasseaux qui forment un renfort structurel à l’intérieur de l’instrument. Comme la surface des éclisses où reposent la table d’harmonie et le fond du violon est très fine, on ajoute de petites lames de bois qui procurent une surface d’adhérence supérieure, il s’agit des joints

Construction de la Table d’Harmonie

 

Pour pouvoir fabriquer la table d’harmonie d’un violon, le luthier crée des modèles ou utilise des modèles qu’il se procure sur le marché. Ces derniers lui permettent de dessiner le contour de la table et des ouïes ou la voûte. La table d’harmonie du violon se compose de deux pièces d’épicéa, ce qui assure une symétrie longitudinale des fibres du bois par rapport à l’axe central du violon.

Une fois la forme de la table définie et coupée, le luthier procède à la taille de la voûte. Il utilise des ciseaux à bois en traçant grossièrement d’abord la courbe et finit la voûte avec des rabots de plus en plus petits. Pour terminer, la table est affinée sur les bords avec des limes et papiers.

Lorsque la forme de la voûte est faite on prépare l’incrustation du filet, qui consiste à placer un filet de bois d’un millimètre sur tout le contour du violon, sur la table comme sur le fond. Il s’agit en principe de trois bandes fines en alternance d’ébène et de buis. Cette incrustation à une finalité décorative, mais elle le protège également le violon contre les coups qui pourraient facilement fissurer le bois dans le sens des fibres. Pour certains violons d’étude premier prix, le filet est peint à la main et non incrusté.

Fabriquer un violon demande beaucoup de patience, surtout lorsqu’il s’agit de travailler les épaisseurs de la table et du fond. Chacune des pièces de bois contenues dans l’instrument a ses propres caractéristiques et son importance, puisqu’il s’agit de matériaux naturels qui doivent évoluer favorablement dans le temps.

La formation des voûtes de la table d’harmonie et du fond demandent beaucoup de travail. Il est en effet très laborieux de leur donner forme. C’est en creusant l’intérieur de ces deux pièces que le luthier exécute la partie la plus délicate de la fabrication du violon.

Les ouïes du violon, avec leur dessin ornemental, ont une grande influence sur le timbre de l’instrument. Il existe tout simplement une communication entre le volume d’air contenu à l’intérieur du violon et celui de l’extérieur. Les ondes circulent à l’intérieur de la caisse de résonance et sont expulsées par les ouïes du violon. La taille ou l’ouverture de ces orifices ont une influence sur la fréquence de la masse vibrante d’air à l’intérieur du violon, et permet pour autant, de renforcer certaines notes. Les ouïes du violon ont aussi une influence sur la flexibilité de la table d’harmonie et affectent par conséquent les modes vibratoires.

Le dessin des ouïes est sélectionné par le luthier en fonction de ses besoins. Il existe des modèles qui permettent de dessiner les « f » facilement sur la table du violon. Une fois marquées, de petits orifices sont perforés à l’aide d’une petite perceuse, manuelle ou électrique. On coupe leur forme avec une petite scie fine et on termine avec un couteau bien aiguisé de lame extrêmement fine.

Collée à l’intérieur de la table du violon, on trouve la barre d’harmonie qui est une fine barre d’épicéa, d’une longueur de 265 mm pour un violon entier. Elle est placée dans le sens de la longueur, sous le pied gauche du chevalet.

Le rôle de la barre d’harmonie dans la qualité du violon est très importante puisqu’elle soutient et renforce la voûte de la table pour que le bois puisse supporter la pression sans y céder.

Elle a également une fonction de répartition des vibrations de la table vers le reste de la caisse de résonance et a une influence directe sur la qualité du son. Il est très important que la fibre de la barre d’harmonie soit dans le même sens que la fibre du bois de la table du violon

Construction Du Fond Du Violon

 

Le dos du violon peut être en une ou deux pièces. Ce choix reste au critère du luthier à l’étape de conception du violon.

Le dos est fabriqué avec de l’érable et le procédé est similaire à celui de la fabrication de la table, c’est-à-dire que l’on choisit le bois, on trace le contour et taille la voûte puis on creuse l’épaisseur et on ajoute le filet.

Lorsque le luthier fabrique sa table ou un fond en deux pièces, il ajoute six taquets de bois de très petite taille et d’épaisseur moindre, à l’intérieur de l’instrument au niveau du joint central dans le but de renforcer l’assemblage

Montage Du Corps Du Violon

 

Une fois réalisés le fond, la table d’harmonie et la structure du corps du violon, on peut passer à l’assemblage. Si l’on a utilisé la méthode de moulage à l’italienne, il faut coller le fond du violon avant de démouler les éclisses. Si l’on a utilisé la méthode française, on démoule la structure avant de coller le fond.

Indépendamment de la méthode utilisée, une fois le futur violon démoulé, le luthier passe au collage de la table d’harmonie. De même que pour le fond, on colle la table et on presse tout le pourtour du violon pour qu’aucune des pièces ne bougent avant le séchage complet de l’instrument. Il est important de signaler que l’union, de la table ou du dos du violon à la structure doit parfaitement ajuster. En d’autres termes, il ne doit exister aucun jour et les pièces doivent bien s’épouser. La caisse de résonance doit être la plus hermétique possible pour que la seule sortie d’air se fasse par les ouïes.

Le Manche Du Violon

 

Dans la construction baroque et classique, jusqu’à 1800, le manche du violon était ajusté et cloué sur le tasseau intérieur. Actuellement, il est encastré et collé.

Le manche et la touche de notre violon sont les dernières pièces à réaliser. La pièce d’érable qui termine la tête du violon en forme de spirale, est la volute. Sa fabrication est une étape délicate dans la réalisation du manche puisque le modèle est compliqué par le relief, la volute monte et tourne en même temps et il est très important qu’elle soit régulière et fine pour la réussite de l’aspect de l’instrument.

Une fois ce procédé accompli, on creuse le chevillier qui accueillera les cordes entre le sillet et les chevilles.

Finitions & Réglages Du Violon

 

Une fois le manche terminé, la touche, les sillets, on décolle la touche et on passe la couche de préparation du vernis sur le violon. Cette première couche empêche le vernis de pénétrer dans le bois, elle peut être à base de gélatine, de blanc d’oeuf, d’huile, etc… Une fois cette couche sèche, le violon peut être vernis.

En vernissant le violon, le luthier colle définitivement la touche, taille les chevilles et les met en place, tout comme le bouton.

Vient ensuite la préparation et la mise en place de l’âme, située avec un décalage, sous le pied droit du chevalet. Le luthier vernit le manche avec un vernis très clair et très résistant à la friction et à la sueur de la main. Pour finir, il taille et ajuste le chevalet tout en montant les cordes.

On peut considérer que le violon est terminé. Le luthier peut ajuster encore la position de l’âme ou vérifier le bon fonctionnement des chevilles du violon si nécessaire.

Tailles Du Violon

La longueur d’un violon est variable. Un violon de taille maximale est appelé entier ou 4/4 et il est destiné à des violonistes de taille adulte. Il mesure en principe 59 cm du bouton à la tête.

La longueur de la caisse de résonance est comprise entre 35 et 36 cm. Il existe une échelle non proportionnelle dans leur longueur qui qualifie les tailles de violons destinés aux enfants. Vous trouverez ici un tableau avec les mesures qui vous aideront à comprendre à quoi correspondent les différentes tailles de violon.

Noms Caisse De Résonance
Entier, Quatre Quarts (4/4). 35 à 36 cm.
Violon Dame, Sept Huitièmes (7/8). 34 à 35 cm.
Trois quarts (3/4). 33 à 34 cm.
Un Demi(1/2). 30 à 32 cm.
Un quart (1/4). 26 à 27 cm.
Un huitième(1/8). — <  27 cm –

Intérpretation Du Violon

Pour interpréter le violon, il existe des techniques variées qui permettent d’obtenir une grande quantité de sons et d’exploiter plus amplement les possibilités de son violon. La technique de base est la suivante: on place la partie inférieure de l’instrument sur la clavicule gauche alors que les doigts de la main gauche sont prêts à jouer des notes, à exception du pouce, placé près du manche. Avec la main droite, le violoniste saisit l’archet qui viendra frotter les cordes en les accrochant pour provoquer les vibrations. Que le violoniste soit gaucher ou droitier, cette manière de saisir le violon est la plus commune. En effet, le violon pour gaucher existe mais son utilisation reste rare puisqu’elle pose un problème pour la formation d’orchestre.

Mouvements de la main gauche

 

Les doigts de la main gauche font pression sur les cordes contre la touche réduisant ainsi la longueur de la corde en vibration. Leur tension et la longueur de vibration déterminent la hauteur de la note. La même note peut être jouée sur des cordes différentes mais sa sonorité n’aura pas la même couleur, elle sera plus ou moins chaleureuse. Ces différences sont exploitées par le violoniste en fonction de l’effet recherché. Comme nous l’avons déjà signalé, le pouce n’est pas utilisé pour le jeu sur la touche. Il sert de guide sur le manche et donc le doigt qui est considéré comme le premier doigt est l’index, le majeur est le second, l’annulaire, le troisième et l’auriculaire, le quatrième.

Le Démanché:

 

Technique essentielle qui consiste à déplacer la main gauche le long du manche du violon, donnant accès au violoniste aux notes les plus aiguës sur une même corde. Cela permet par ailleurs d’ajouter deux octaves au violon.

Vibrato:

 

Le vibrato est un mouvement réalisé par le poignet et le bout du doigt gauche, de l’avant vers l’arrière sur la corde. Ainsi, la hauteur de la note est modifiée. La vitesse et l’amplitude du vibrato restent à appréciation du violoniste.

Trilles:

 

Cette technique consiste à alterner rapidement deux notes séparées par des intervalles qui vont de la seconde mineur (demi ton) à la quarte augmentée (six demi tons). Elles sont pratiquées en appuyant le doigt de la note de base sur la touche, alors que les autres appuis et doigts récupèrent par cycles, plus rapides ou plus lents sur la note haute.

Doubles Cordes:

 

Le violoniste apprend progressivement à contrôler ses doigts séparément jusqu’à jouer des notes différentes sur deux cordes, ou à placer ses quatre doigts en même temps sur des cordes différentes et changer de position aussi souvent que nécessaire. Cet exercice requiert une très bonne justesse.

Pizzicato Gauche:

 

Pincer les cordes avec les doigts de la main gauche. On pince avec le quatrième doigt si l’on joue avec le troisième, avec le troisième si l’on joue avec le deuxième, et ainsi de suite.

Glissando:

 

Le doigt doit glisser le long de la corde en exerçant la pression nécessaire. L’effet obtenu est très caractéristique et peut se réaliser sur deux octaves, des graves vers les aigus et viceversa.

Harmoniques:

 

Il faut placer un doigt une position spécifique de la corde, sans appuyer, dans le but de bloquer certaines vibrations: en plaçant le doigt au centre de la corde, par exemple, on est en mode fondamental, en frottant l’archet on écoute le premier harmonique une octave plus haute que la note obtenue sur la corde à vide. Pour les harmoniques plus hautes, il est recommandé de jouer la note fondamentale avec la partie latérale de la première articulation de l’index. De cette manière, le quatrième doigt atteint plus aisément l’octave de la fondamentale qui frôle la pulpe du doigt. Ces sonorités sont appelées harmoniques et sont assez stridentes.

Glissando Harmonique:

 

Comme son nom l’indique, c’est une combinaison de deux techniques. Si l’on réalise un glissando sans faire complètement pression sur la touche, on obtient tous les harmoniques naturels et faux de la corde, on peut entendre siffler le violon.

Mouvements de la main droite

 

Legato:

 

Le violoniste frotte les cordes avec l’archet sans marquer d’arrêt entre les notes, ce qui rend l’interprétation très fluide. Idéalement, on ne devrait pas distinguer à l’oreille le changement de sens de l’archet. Le mouvement d’aller et retour de l’archet est défini par les termes de tirer et pousser: on tire en partant du talon de l’archet vers la tête et on pousse en situation inverse.

Staccato:

 

Il s’agit de petits coups répétitifs de l’archet sur la corde. Le staccato peut être réalisé en alternant ou pas le sens de l’archet.

Martelé:

 

On interrompt la course de l’archet afin de marteler le son, de couper chaque notre. Lors de l’attaque, l’archet est collé à la corde, puis on libère la pression subitement en jouant sur la vitesse quel que soit l’emplacement de l’archet. Il est important pour cette technique de bien gérer la pression de l’index sur la baguette de l’archet.

La forme de la baguette de l’archet est légèrement courbe ce qui donne la facilité et la possibilité d’effectuer divers rebonds:

Ricochet:

 

On produit un ricochet au violon lorsque l’on fait rebondir l’archet plus d’une fois. La vitesse est variable selon le point de lancement et la hauteur.

Saltato:

 

Cette technique consiste à faire rebondir naturellement l’archet sur le violon, sur la partie centrale du crin, en tirant et en poussant rapidement avec une légère pression de l’index.

Spiccato:

 

Sur le premier tiers et second quart de l’archet, on fait sauter avec un mouvement d’aller et venue, mais en utilisant seulement le poignet et non le bras entier. Le mouvement doit être subtile.

Doubles Cordes et Accords:

 

L’archet peut être sur deux cordes voisines en même temps, et il est possible de jouer deux cordes simultanément. Le violoniste peut, en appuyant un peu plus sur les cordes et en détendant légèrement l’archet, jouer de trois cordes presque en même temps. Il est par contre matériellement impossible de jouer les quatre cordes en même temps.

Pizzicato:

 

Le violoniste pince les cordes du violon avec les doigts de sa main droite. Cette technique est généralement utilisée en accompagnement ou dans des morceaux de jazz.

Col Lengo:

 

Ce n’est pas ici le crin qui est contact avec les cordes du violon mais la baguette de l’archet. L’effet obtenu en frottant les cordes n’a pas trop d’intérêt et il est peu perceptible. Parfois, le violoniste tapera sur les cordes plutôt que de frotter la baguette de l’archet pour obtenir un effet de percussion. Cette technique est devenue célèbre grâce au mouvement Mars dans Les Planètes de Holst.

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